lundi, 17 septembre 2007

Grenelle de l’environnement : faible espoir, fortes craintes

Tribune à paraître dans Reflets, magazine du Conseil Régional de Basse-Normandie

Enfin autour d’une même table, Etat, collectivités locales, Associations et ONG, employeurs et salariés, débattent sur le diagnostic et les propositions portés par les écologistes depuis près de 30 ans. Il était temps qu’un gouvernement se décide à prendre en charge les questions liées à l’environnement restées trop longtemps sans réponse. Nous devons ici exprimer notre lourde déception quant au manque de clairvoyance de nos partenaires de la gauche qui, entre 1997 et 2002, n’ont pas su répondre aux attentes Verts en matière de débat public sur des questions d’une telle importance.

Mais pour un débat exemplaire, la bataille est loin d’être gagnée. Une fois de plus, nous sommes privés du débat essentiel sur les questions énergétiques : En refusant de revenir sur les décrets d’autorisation de la construction de l’EPR, Nicolas Sarkozy confirme le passage en force et précipite notre pays, sans organiser de débat démocratique, dans le renouvellement de son parc électronucléaire.

Les Régions refusent majoritairement les cultures OGM sur leur territoire. Alors que 8 français sur 10 demeurent opposés aux OGM, le gouvernement récuse la mise en place d’un moratoire sur les cultures transgéniques en plein champ et ce, en l’absence de tout cadre législatif. C’est ainsi que la publication des parcelles cultivées, à la veille du Grenelle de l’environnement, a révélé l’existence de près de 20000 hectares de cultures OGM réparties sur 14 régions différentes et destinées à la commercialisation.

L’annonce de la SNCF de fermer 262 gares de FRET est une véritable provocation à l’égard des Régions engagées depuis 2004 dans la redynamisation de l’offre ferroviaire. La suppression de ces plate-formes de chargement aura pour conséquence d’augmenter le trafic routier menaçant ainsi nos engagements en matières de réduction des émissions de CO2 responsables du changement climatique.

Représentées au sein du Grenelle de l’environnement, les Régions gouvernées par la gauche et les Verts sont fortement mobilisées sur ces questions. Au regard de l’urgence écologique, nous savons que la mise en place d’actions significatives passe une prise en main du Grenelle par les Régions. A cette fin, les élus Verts proposeront de saisir l’opportunité offerte par ce Grenelle pour organiser des rencontres régionales permettant aux territoires de contribuer, par leur action, à la résolution des crises climatique et écologique.

samedi, 21 avril 2007

Tour d'horizon pas piqué des hannetons à la veille du 22 avril...

par Dominique Voynet (paru dans le journal Vert n° 16 - Le mensuel qui annonce la couleur)

Depuis plus de six mois maintenant, je sillonne la France, en campagne avec les militants Verts. Partout, j’ai été accueillie chaleureusement par des citoyens qui alertent, qui résistent, qui inventent. Qui préparent l’adaptation de la France aux mutations de notre monde. Jamais, dans aucune rencontre, je dis bien aucune, on ne m’a dit que les idées et les pratiques des Verts étaient à côté de la plaque. Car quand on parle de fond, quand on refuse la démagogie, l’intérêt pour la politique reprend le dessus.

Que manque-t-il alors pour qu'un élan se crée ?

Ce ne sont pas les solutions techniques : malgré les retards pris en France, on sait faire de l’écologie, et on est capable d’en faire à grande échelle. On sait faire de la solidarité, on sait faire aussi de la démocratie. Ce qui manque peut-être, c’est la certitude qu’on peut inverser le courant, qu’on peut mettre un coup d’arrêt. La situation écologique est si grave, le désarroi démocratique et l’urgence sociale si grands qu’il faut tout faire pour battre la droite, et qu’il faut pour cela une alliance à gauche, fondée sur un programme clair et des engagements clairs.

Mais la nécessité de battre la droite ne doit pas se transformer en panique généralisée. Il n’y a aucun risque de nouveau 21 avril si les électeurs écologistes votent pour la candidate des Verts, si les électeurs socialistes votent pour la candidate socialiste et si les électeurs communistes votent pour la candidate communiste !

Je sais l’incroyable pression des médias, qui organisent cette campagne comme une sorte de grand spectacle à l'américaine. Qui entrera et qui sortira du loft, voilà ce qui fait vendre. Au diable le fond, au diable les idées !

Et pourtant : ce que serait une France où les idées des Verts

ne pèseraient qu'1%, je vais vous le dire.

Ce serait la relance illico du nucléaire, la réalisation de tous les projets anti-écolos qui pullulent partout sur notre territoire : l’incinérateur de Fos, le doublement de l’A7 dans la vallée du Rhône, le creusement de la mine de charbon dans la Nièvre... C'est la capitulation sur les OGM , l’accélération en catimini du nucléaire militaire contre lequel nous sommes les seuls à faire clairement campagne...

Car ce que nous a appris notre passage au gouvernement de la gauche plurielle, ce n’est pas que les socialistes soient génétiquement plus disposés que d'autres à la trahison, mais qu’ils ont peur comme de leur ombre de tout ce qui ressemble de près ou de loin à un lobby.

Les Verts, eux, heurtent lobbies et groupes de pression. Ils résistent. Ils dérangent. Et l'un des enjeux de cette campagne est de savoir si Les Verts vont continuer, ou non, à déranger. Que croyez vous qu'il se passera le 23 avril, pour l'environnement, pour la protection de la nature et de la biodiversité, pour la réduction des gaspillages d'énergie... si les Verts, le parti de la candidate la mieux notée de tous par l'Alliance pour la Planète, ne sont plus en situation de peser ?

On ne pourra pas se contenter encore longtemps de colmater les brèches, ici ou là, avec les Vice présidents et les adjoints Verts dans les régions et dans les villes. La crise écologique nous impose d'agir à plus grande échelle : le temps des expérimentations qui nous sont concédées là où nous pesons est dépassé. Il faut d'urgence écologiser toutes les politiques publiques.

Mais comment le faire sans peser au plan national ?

Il est des moments, chers amis, où quels que soient les calculs et les craintes, il faut refuser les coups de billards électoraux à quatre bandes, avoir le courage de voter pour ses idées, pour ses propres convictions. Dans cette affaire, nous ne courons après aucun strapontin ministériel. Nous ne servons et nous ne servirons la soupe à personne. Il y a mille autres façons pour un militant écologiste de servir ses idées que de participer à un gouvernement qui ne change pas vraiment les choses.

L’enjeu est clair : vous avez des idées écolos, vous êtes attachés à la résolution des défis écologiques et sociaux qui nous attendent : vous savez qu’on ne peut plus faire de social sans solution écologique et d’écologie sans justice sociale. Vous pensez qu’on ne peut plus attendre et qu’il est déjà bien tard.

Vous avez pour cela entre les mains une arme absolue, non violente, optimiste et obstinée : votre bulletin de vote. Ne votez pas contre vous-mêmes, ne vous laissez pas dépouiller de vos convictions par de petits chantages et par de grosses manipulations ! Utilisez cette arme démocratique pour créer la surprise et faire entendre la voix des écologistes le 22 avril !

Les écologistes votent pour
DOMINIQUE VOYNET
http://blog.voynet2007.fr

lundi, 29 janvier 2007

Les difficultés du milieu carcéral : un contexte qui nous concerne

Comment et pourquoi s'inpliquer ?

La Région mobilise des moyens financiers importants en matière de formation dans le cadre de son budget. La formation et l’emploi représentent 23 millions d’euros du budget global en 2007. La région depuis la loi du 13 août 2004 a la compétence pleine et entière en matière de formation professionnelle en direction des jeunes et des adultes en situation de recherche d’emploi.

Le milieu carcéral ne dépend pas des compétences des Régions, néanmoins compte tenu des difficultés d’intégrations évidentes et récurrentes rencontrées par une grande majorité de détenus lors de leur sortie, nous devons essayer d’améliorer cette situation et tenter de mettre en œuvre les conditions favorisant la réussite de parcours d’intégration sociale et professionnelle.

Les expériences conduites (dans le cadre de conventions avec le SPIP et des dispositifs APP, préqualification ?) jusqu’à aujourd’hui sont insuffisantes et ne présentent pas de résultats significatifs en matière d’accès à la qualification et à l’emploi.

C’est pourquoi, bien que conscients de notre insuffisante connaissance du milieu carcéral et des caractéristiques des publics, nous souhaitons mener des expériences favorisant la mise en projet individuel (projet d’intégration) à l’interne et organiser les conditions réelles d’accueil et de continuité à la sortie et ce dans le cadre de nos compétences.

Il s’agit ici de créer les conditions d’élaboration et de construction d’un partenariat interne comme externe. Nos capacités collectives d’agir dépendront de la qualité d’un partenariat volontariste et des engagements mutuels et réciproques de l’ensemble des acteurs.

Suite à nos visites sur le terrain et surtout aux diverses rencontres et échanges avec les acteurs internes, nous considérons qu’il est aujourd’hui envisageable de conduire quelques actions expérimentales (actions décrites ci-dessous). Chaque lieu a ses propres caractéristiques et notre diagnostic, aussi humble soit-il, nous conduit à faire des propositions concrètes d’actions à la fois communes mais également spécifiques au regard : des publics accueillis, des durées d’incarcération, de la nature des activités proposées mais également des lieux et des espaces qui structurellement ne présentent pas les mêmes possibilités.